Karta Y’ar d’ar brezhoneg sinet ! La charte « Oui au breton » signée !

1 décembre 2009

Hiriv, ne vin ket hir, kavout a ran gwelloc’h leuskel ar gaoz da dud all.

Aujourd’hui je ne serai pas long, je trouve mieux de laisser la parole à d’autres (lire à la suite).

Sinet vo Karta ya d’ar brezhoneg get kumun an Henbont. Muioc’h a vrezhoneg a vo gwelet e straedoù ar gumun. Un dra vat eo, hag a oa bet lakaet war brogramm Hennebont initiative citoyenne ivez.

La Charte Ya d’ar brezhoneg, « Oui au breton », va être signée par la commune d’Hennebont. C’est une bonne chose, qui avait été mise également dans le programme de la liste Hennebont initiatives citoyennes.

An dra-se a ziskouez ur youl met, evit kas àr-raok ar brezhoneg en Henbont da vat, eh eus labour c’hoazh : ret eo digoriñ klasoù divyezhek  nevez, evel ma z’eus ba’ skol privez Sant Jili, hag e skolaj sant Felix. Met tamm brezhoneg ebet barzh ar skolioù publik en Henbont ! Hag ar gumun n’he deus ket lakaet an dra-se e-mesk ar pennadoù sinet geti er garta. Domaj bras eo.

Cela montre une volonté mais, pour faire progresser la langue bretonne à Hennebont, il y a encore du boulot : il faut ouvrir de nouvelles classes bilingues, comme il y en a à l’école privée de Saint-Gilles et au collège Saint-Félix de Kerlois. Mais pas de breton dans les écoles publiques hennebontaises ! Et la commune n’a pas signé l’article de la charte qui prévoit un soutien au développement des écoles bilingues. C’est dommage !

Ha get ar re gozh ? Bez zo c’hoazh, sur awalc’h, tud hag a gomz brezhoneg e tier ar re gozh. Ne vo ket graet netra gete, pe evite ? Ar brezhoneg a zo c’hoazh ur yezh vev, met lakaat panelloù er straedoù n’eo ket trawalc’h evit he derc’hel bev. Traoù sort-se a chañch ar  c’hlinkadur, an dekorum, met ne lak ket an dud da gomz.

Et les anciens ? Il y a, sans doute, des personnes qui, dans les maisons de retraite, connaissent le breton. Des bretonnants qui ne peuvent plus parler leur langue maternelle. On ne fait rien avec eux, ni pour eux ? Le breton est encore une langue vivante et mettre des panneaux bilingues dans les rues est positif mais ce n’est pas ce qui fait qu’une langue reste vivante. Cela change le décor, le décorum, mais cela ne fait pas parler breton.

An Unesco a lak ar brezhoneg e-mesk ar yezhoù en arvar en XXI kantved. Hervez ar c’hazetenner Fanch Broudig (a laboure a-raok war Frans 3), goude bout studiet an traoù a dost, e chomehe 206.000 den a ouie brezhoneg e 2007, met 70.000 a gomze bemdez pe alies… Labour zo tudoù !

L’Unesco place le breton dans les langues en danger auXXIe siècle. Le journaliste Fañch Broudic (qui travaillait auparavant sur France 3 et qui est désormais à la retraite), après avoir étudié les choses de près, estimait, en 2007, à 206.000 le nombre de locuteurs du breton, dont 70.000 personnes la parlant chaque jour ou régulièrement.

Met a-raok mont pelloc’h, setu soñj tud vrudet  a-zivout ar yezhoù rannvroel :

Voici quelques citations de personnes célèbres concernant les langues régionales :

François Mitterrand, discours de campagne à Lorient le 14 mars 1981 :
« C’est blesser un peuple au plus profond de lui-même que de l’atteindre dans sa langue et sa culture; nous proclamons le droit à la différence »

Henriette Walter, linguiste, dans Le Télégramme (14/04/2009) :
« L’anglais les enfants l’apprendront de toute façon. Commencer par le breton, ici, par une autre langue régionale, ailleurs, c’est beaucoup plus favorable parce que ça a un côté sentimental, parce que les enfants connaissent déjà certains mots. C’est la langue des grands-parents, la langue qui a toujours été parlée dans la région. L’anglais c’est autre chose, c’est utile pour gagner sa vie. La langue régionale, c’est pour se réaliser soi-même. »

Claude Hagège, linguiste, dans l’Express (avril 2007) :
« Si nous voulons défendre la francophonie dans le monde et être crédibles, cela suppose d’abord que la France montre qu’elle respecte chez elle sa propre diversité linguistique. Ratifier la charte (européenne des langues minoritaires), en expliquant aux parlementaires qu’elle est très souple et donc peu dangereuse, irait dans le bon sens. Certes, depuis quelques années, l’Etat a accompli des efforts, mais largement insuffisants. Les langues régionales sont dans un tel état de précarité que, pour leur permettre d’échapper à l’extinction totale qui les menace, il faudrait un investissement énorme et accepter de prendre des risques, comme l’ont fait les Espagnols en donnant une grande autonomie aux Basques et aux Catalans »

Eugène Guillevic, poète (1907-1997), interviewé dans la revue Bretagne, n°3, 1976, et repris dans le livre de Jean-Jacques Monnier « Résistance et identité bretonne » (Yoran embanner, 2008, p.352) :
« Mais ce que je veux, c’est que la Bretagne puisse parler. Et il faudra en chercher les moyens. Je suis de toute façon pour une certaine autonomie. Qu’il y ait un parlement et qu’on enseigne le breton. Moi, je n’ai pas appris l’histoire de la Bretagne, je n’en savais rien ! Rien ! Alors je trouve ça dégueulasse : j’appelle ça du colonialisme intérieur. Je ne vois pas la différence entre ça et la colonisation de l’Algérie ».

Louis Guilloux (1899-1980), écrivain, cité également par J-J.Monnier :
« Je dois à ma conscience de dire que je suis pour l’enseignement du breton »; et de citer Diderot : « Il y a une chose plus grave que d’avoir des esclaves : c’est avoir des esclaves et les appeler citoyens ».

Jean Jaurès, « Méthode comparée », « Revue de l’Enseignement Primaire » – 15 octobre 1911 :
« Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’admirer en pays basque, comment un antique langage, qu’on ne sait à quelle famille rattacher, avait disparu. Dans les rues de Saint-Jean-de-Luz on n’entendait guère parler que le basque (…).  Mais quand j’ai voulu me rendre compte de son mécanisme, je n’ai trouvé aucune indication. Pas une grammaire basque, pas un lexique basque dans Saint-Jean-de-Luz où il y a pourtant de bonnes librairies. Quand j’interrogeais les enfants basques, jouant sur la plage, ils avaient le plus grand plaisir à me nommer dans leur langue le ciel, la mer, le sable, les parties du corps humain, les objets familiers ! Mais ils n’avaient pas la moindre idée de sa structure (…). Pourquoi cela, et d’où vient ce délaissement ? Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparation de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de sa syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique. Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique. »

Gilles Ancelin, pour Hennebont initiatives citoyennes, conseil municipal du 16/10/2009 :
« Je profite également de cette intervention pour demander que la ville d’Hennebont profite de cet élan pour s’investir fortement et mettre tous les moyens nécessaires et suffisants pour engager sur notre commune une véritable filière bilingue du bac à sable au  baccalauréat. »

Karta Y’ar d’ar brezhoneg sinet get ar gumun !
La charte « Oui au breton » signée par la commune !

Hiriv, ne vin ket hir, kavout a ran gwelloc’h leuskel ar gaoz da dud all. Sinet vo Karta ya d’ar brezhoneg get kumun an Henbont. Muioc’h a vrezhoneg a vo gwelet e straedoù ar gumun. Un dra vat eo, hag a oa bet lakaet war brogramm Hennebont initiative citoyenne ivez. An dra-se a ziskouez ur youl met, evit kas àr-raok ar brezhoneg en Henbont da vat, eh eus labour c’hoazh : ret eo digoriñ klasoù divyezhek  nevez, evel ma z’eus ba’ skol privez Sant Jili, hag e skolaj sant Felix. Met tamm brezhoneg ebet barzh ar skolioù publik en Henbont ! Hag ar gumun n’he deus ket lakaet an dra-se e-mesk ar pennadoù sinet geti er garta. Domaj bras eo.
Ha get ar re gozh ? Bez zo c’hoazh, sur awalc’h, tud hag a gomz brezhoneg e tier ar re gozh. Ne vo ket graet netra gete, pe evite ? Ar brezhoneg a zo c’hoazh ur yezh vev, met lakaat panelloù er straedoù n’eo ket trawalc’h evit he derc’hel bev. Traoù sort-se a chañch ar  c’hlinkadur, an dekorum, met ne lak ket an dud da gomz. An Unesco a lak ar brezhoneg e-mesk ar yezhoù en arvar en XXI kantved. Hervez ar c’hazetenner Fanch Broudig (a laboure a-raok war Frans 3), goude bout studiet an traoù a dost, e chomehe 206.000 den a ouie brezhoneg e 2007, met 70.000 a gomze bemdez pe alies… Labour zo tudoù !
Met a-raok mont pelloc’h, setu soñj tud vrudet  a-zivout ar yezhoù rannvroel :

Aujourd’hui je ne serai pas long, je trouve mieux de laisser la parole à d’autres (lire à la suite). La Charte Ya d’ar brezhoneg, « Oui au breton », va être signée par la commune d’Hennebont. C’est une bonne chose, qui avait été mise également dans le programme de la liste Hennebont initiatives citoyennes. Cela montre une volonté mais, pour faire progresser la langue bretonne à Hennebont, il y a encore du boulot : il faut ouvrir de nouvelles classes bilingues, comme il y en a à l’école privée de Saint-Gilles et au collège Saint-Félix de Kerlois. Mais pas de breton dans les écoles publiques hennebontaises ! Et la commune n’a pas signé l’article de la charte qui prévoit un soutien au développement des écoles bilingues. C’est dommage !
Et les anciens ? Il y a, sans doute, des personnes qui, dans les maisons de retraite, connaissent le breton. Des bretonnants qui ne peuvent plus parler leur langue maternelle. On ne fait rien avec eux, ni pour eux ? Le breton est encore une langue vivante et mettre des panneaux bilingues dans les rues est positif mais ce n’est pas ce qui fait qu’une langue reste vivante. Cela change le décor, le décorum, mais cela ne fait pas parler breton. L’Unesco place le breton dans les langues en danger auXXIe siècle. Le journaliste Fañch Broudic (qui travaillait auparavant sur France 3 et qui est désormais à la retraite), après avoir étudié les choses de près, estimait, en 2007, à 206.000 le nombre de locuteurs du breton, dont 70.000 personnes la parlant chaque jour ou régulièrement.
Ya d’ar brezhoneg et y’a du boulot !
Voici quelques citations de personnes célèbres concernant les langues régionales :

François Mitterrand, discours de campagne à Lorient le 14 mars 1981 :
« C’est blesser un peuple au plus profond de lui-même que de l’atteindre dans sa langue et sa culture; nous proclamons le droit à la différence »

Henriette Walter, linguiste, dans Le Télégramme (14/04/2009) :
« L’anglais les enfants l’apprendront de toute façon. Commencer par le breton, ici, par une autre langue régionale, ailleurs, c’est beaucoup plus favorable parce que ça a un côté sentimental, parce que les enfants connaissent déjà certains mots. C’est la langue des grands-parents, la langue qui a toujours été parlée dans la région. L’anglais c’est autre chose, c’est utile pour gagner sa vie. La langue régionale, c’est pour se réaliser soi-même. »

Claude Hagège, linguiste, dans l’Express (avril 2007) :
« Si nous voulons défendre la francophonie dans le monde et être crédibles, cela suppose d’abord que la France montre qu’elle respecte chez elle sa propre diversité linguistique. Ratifier la charte (européenne des langues minoritaires), en expliquant aux parlementaires qu’elle est très souple et donc peu dangereuse, irait dans le bon sens. Certes, depuis quelques années, l’Etat a accompli des efforts, mais largement insuffisants. Les langues régionales sont dans un tel état de précarité que, pour leur permettre d’échapper à l’extinction totale qui les menace, il faudrait un investissement énorme et accepter de prendre des risques, comme l’ont fait les Espagnols en donnant une grande autonomie aux Basques et aux Catalans »

Eugène Guillevic, poète (1907-1997), interviewé dans la revue Bretagne, n°3, 1976, et repris dans le livre de Jean-Jacques Monnier « Résistance et identité bretonne » (Yoran embanner, 2008, p.352) : « Mais ce que je veux, c’est que la Bretagne puisse parler. Et il faudra en chercher les moyens. Je suis de toute façon pour une certaine autonomie. Qu’il y ait un parlement et qu’on enseigne le breton. Moi, je n’ai pas appris l’histoire de la Bretagne, je n’en savais rien ! Rien ! Alors je trouve ça dégueulasse : j’appelle ça du colonialisme intérieur. Je ne vois pas la différence entre ça et la colonisation de l’Algérie ».

Louis Guilloux (1899-1980), écrivain, cité également par J-J.Monnier :
« Je dois à ma conscience de dire que je suis pour l’enseignement du breton »; et de citer Diderot : « Il y a une chose plus grave que d’avoir des esclaves : c’est avoir des esclaves et les appeler citoyens ».

Jean Jaurès : « Méthode comparée », « Revue de l’Enseignement Primaire » – 15 octobre 1911 :
« Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion d’admirer en pays basque, comment un antique langage, qu’on ne sait à quelle famille rattacher, avait disparu. Dans les rues de Saint-Jean-de-Luz on n’entendait guère parler que le basque (…).  Mais quand j’ai voulu me rendre compte de son mécanisme, je n’ai trouvé aucune indication. Pas une grammaire basque, pas un lexique basque dans Saint-Jean-de-Luz où il y a pourtant de bonnes librairies. Quand j’interrogeais les enfants basques, jouant sur la plage, ils avaient le plus grand plaisir à me nommer dans leur langue le ciel, la mer, le sable, les parties du corps humain, les objets familiers ! Mais ils n’avaient pas la moindre idée de sa structure (…). Pourquoi cela, et d’où vient ce délaissement ? Puisque ces enfants parlent deux langues, pourquoi ne pas leur apprendre à les comparer et à se rendre compte de l’une et de l’autre ? Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que ces comparaisons ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparation de l’intelligence. Et l’esprit devient plus sensible à la beauté d’une langue basque, par comparaison avec une autre langue il saisit mieux le caractère propre de chacun, l’originalité de sa syntaxe, la logique intérieure qui en commande toutes les parties et qui lui assure une sorte d’unité organique. Ce qui est vrai du basque est vrai du breton. Ce serait une éducation de force et de souplesse pour les jeunes esprits ; ce serait aussi un chemin ouvert, un élargissement de l’horizon historique. »

Gilles Ancelin, pour Hennebont initiatives citoyennes, conseil municipal du 16/10/2009 :
« Je profite également de cette intervention pour demander que la ville d’Hennebont profite de cet élan pour s’investir fortement et mettre tous les moyens nécessaires et suffisants pour engager sur notre commune une véritable filière bilingue du bac à sable au  baccalauréat. »

 

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