>Coûts et subventionnements
>Conséquences sur les finances de la ville
>Des incertitudes et des imprécisions
>Des promesses qui ne seront pas tenues
Coûts et subventionnements
Le besoin étant avéré, le projet de « complexe aquatique » à Hennebont a été retenu, au chapitre « développement touristique et sportif et des loisirs de qualité », dans le contrat de pays du Pays de Lorient 2006-2012 signé entre la région Bretagne et le Pays de Lorient. A ce titre, la région apportera un financement de 1 874 010 €. Trois clauses sont suspensives pour l’obtention de ce financement régional :
- qu’il ne soit pas dédié à des actions relatives à la remise en forme ou aux soins du corps ;
- que soit prise en compte la qualité environnementale de la construction, notamment par le choix d’un mode de chauffage respectueux de l’environnement et d’un système de récupération des eaux de pluie ;
- que soit attestée la dimension intercommunale du projet.
Ce projet de « complexe aquatique » tant attendu étant inscrit au contrat de pays, les élus d’Hennebont ont dit banco, en janvier 2008, avec pour argument : « Jamais, nous ne retrouverons une telle opportunité en matière de subventionnement. » Cela est sans doute vrai.
Le projet est donc bel et bien engagé. Le « complexe aquatique » devrait sortir de terre en janvier 2010. Son coût est actuellement estimé à 9 694 000 €. Outre les subventions dans le cadre du contrat de Pays, un financement de 350 000 € (sur les 850 000 € demandés) a été accordé par le Centre national pour le développement du sport. La ville d’Hennebont aura donc à payer, à elle seule, près de 7,5 millions d’euros. La mise en service de l’équipement nécessitera une subvention d’équilibre de fonctionnement qui se situera entre 350 000 € et 500 000 € par an pour la ville d’Hennebont.
Conséquences sur les finances de la ville
La véritable question est donc : la ville d’Hennebont a-t-elle la capacité financière d’absorber un tel projet actuellement ? Une mission d’expertise économique et financière du Trésor public a rendu son rapport en septembre 2009 dans lequel il est confirmé que l’endettement de la commune, déjà important, va devenir « très lourd à partir de 2010 », du fait du poids du complexe aquatique. Déjà, aujourd’hui, le « ratio du nombre d’années nécessaires au remboursement de la dette s’établit à 9,5 années, ce qui est élevé (moyenne régionale 5,57) et au-dessus du premier seuil d’alerte », stipule ce rapport.
Pour ouvrir des marges de manoeuvre permettant de financer le « coût social » engendré par le nouvel équipement, des nouvelles économies de fonctionnement devront inéluctablement être réalisées. Par exemple, en matière d’économie d’énergie. Mais pour cela, il serait nécessaire d’investir très fortement sur les 57 000 m2 de bâtiments communaux, sur l’éclairage public, sur les véhicules municipaux… Or, pour financer le complexe aquatique, la ville va devoir réduire tous ses autres investissements pourtant tout aussi nécessaires que la piscine.
Des incertitudes et des imprécisions
Si les coûts sont désormais connus quant à la réalisation du complexe aquatique, demeurent toutefois beaucoup d’incertitudes quant à son fonctionnement notamment :
- son implantation et son environnement dans la Zac-centre : la piscine va se retrouver dans un « no man’s land ». Atout ou inconvénient pour le devenir de la Zac-centre actuellement en panne ? La question reste posée.
- les modalités de fonctionnement du complexe aquatique n’ont pas encore été définies : répartition des horaires ; les offres d’activité ; la tarification ; le plan de commercialisation… De ceci dépend également le recrutement et l’affectation des personnels, étant entendu que la gestion de l’équipement se fera en régie municipale. Ce sont ces modalités qui influeront sur le montant des charges annuelles.
- aucun accord précis n’a été confirmé avec les communes environnantes quant à leur participation au fonctionnement. Des contacts ont-ils été pris et des engagements obtenus ?
- le réseau de chaleur devrait être alimenté par une chaudière bois, prévue pour chauffer également d’autres équipements sur le périmètre de la Zac-centre (Maison pour tous ; maison des associations et maison de l’Enfance ; futur Ehpad…). Or, là encore, aucun montage financier et administratif précis n’a été réalisé quant à la gestion de cette chaudière bois.

Le permis de construire est déjà affiché.
Des promesses qui ne seront pas tenues
Le complexe aquatique sera le gros projet de la mandature 2008-2014 . Les finances de la Ville étant déjà « tendues », difficile d’imaginer que les autres projets promis, par l’équipe majoritaire, puissent être réalisés, à savoir :
- « La modernisation des services municipaux (regroupement services techniques et espaces verts sur un même site). »
- « Accompagner Hennebont Blavet Habitat dans ses projets de réhabilitation de quartiers. »
- « Création d’un outil financier adapté au développement de microprojets. »
- « Soutenir la création d’une maison médicale d’accueil d’urgence… »
- « Aménager le plan de circulation sur l’ensemble de la commune… »
- « S’opposer à la vente du Logis Abbatial, y compris par l’achat à titre conservatoire… »
- « Développer la zone du Ty-Mor… en relation avec sa vocation maritime… »
- « Privilégier les économies renouvelables et les économies d’énergie… »
- « Soutenir la pratique de la musique et de la danse, en adaptant les équipements à l’évolution des nouveaux besoins… »