Le compte administratif 2008 et le budget 2009 ont été adoptés en conseil municipal le 26 mars. Le compte administratif est le récapitulatif des opérations comptables effectuées dans l’année. C’est un peu comme votre relevé de compte bancaire, sur lequel apparaissent les opérations et un solde à une date précise, au 31 décembre de chaque année. Celui-ci peut présenter un solde positif pour vos dépenses de vie courante, bien que vous ayez des emprunts à rembourser pour financer vos investissements : logement, voiture…
Le budget est une prévision (une déclaration d’intention) pour l’année en cours, appelée à subir des réajustements et modifications.
En 2008, le compte administratif de la Ville d’Hennebont présentait un solde positif de 2,5 millions d’euros pour la section de fonctionnement et de 1,5 million d’euros pour la section d’investissement. Oui, mais…
Le compte administratif 2008 nous apprend que :
- la dette a augmenté de 33,88 % en un an. Elle est passée de 838 € à 1.121 € par Hennebontais. La moyenne pour les communes de taille équivalente est de 930 €.
- les charges financières (remboursements des emprunts) ont augmenté de 10,77% en un an avec 800.000 € à rembourser par an jusqu’en 2019.
- des entrées de recettes exceptionnelles ont été enregistrées en 2008 pour 2,5 millions d’euros avec la vente de terrains, la levée d’hypothèque sur le Captain hôtel (700.000 €), un virement en provenance du budget de l’assainissement (700.000 € également). Ceci dans l’objectif de mettre fin au contentieux Captain Hôtel. Le chèque de 2,3 millions d’€ reste à faire en 2009.
Pour équilibrer les budgets 2006 et 2007, la majorité précédente a renégocié différents emprunts pour un montant de 4 millions d’euros sur 15 ans. Une nouvelle négociation a eu lieu en 2008, cette fois, pour 5,2 millions d’euros à rembourser sur 25 ans ! L’endettement de la commune passe de 4,91 années à 9,25 années. Au-delà, de 10 à 12 ans, cela devient problématique. En l’état actuel du budget 2009, la commune s’oriente vers un endettement de l’ordre de 15 années fin 2009.
Quel est l’état des finances ?
Pour voir clair et guider l’action, un outil est nécessaire : le plan pluriannuel d’investissement. A ce jour, la majorité municipale ne l’a pas élaboré ce qui ne donne aucune lisibilité quant à l’avenir. Malgré tout, la majorité a décidé d’augmenter le taux des impôts de 5 %. En outre, il est inscrit une augmentation de 20 % des charges financières et de 12 % des indemnités des élus.
Des autorisations de programmes sont actuellement engagées pour 10 millions d’euros, dont la piscine qui représentera à elle seule : 600.000 € en 2009 ; 6,3 millions d’€ en 2010 et 2,2 millions d’€ en 2011. Les autres programmes engagés sont : la passerelle, la rénovation de la Porterie, la rénovation de l’école Curie, le transfert du stade Léo-Lagrange vers Kerlivio qui restent à payer.
Et à plus long terme ?
Pour la période 2010-2014
Les risques encourus portent sur les difficultés à tenir les promesses : l’achat à titre conservatoire de l’Abbaye de la Joie ; la maison médicale d’urgence ; la modernisation des services municipaux ; le financement de micro-projets ; l’adaptation de l’Ecole de musique et de danse ; la signature de la charte Ya d’ar Brezhoneg et ses engagements à respecter ; le complexe sportif de Kerlivio se limiterait à une simple plaine de jeu…
Après 2014 ?
La Zac-centre se présente comme une bombe à retardement. La commune se trouve déjà en incapacité d’emprunter jusqu’en 2019 alors que ses équipements vieillissent : le centre socioculturel ; les écoles du Talhouët et de Langroix ; la Maison pour tous… De plus des opportunités vont se présenter comme la requalification des sites de l’hôpital du centre-ville et du Quimpéro.
Quelles orientations possibles ?
Rien n’est définitif lorsqu’on a le courage d’agir. Pour cela, il faudrait en premier lieu que la majorité municipale reconnaisse la situation et dépasse le clientélisme. Ce ne semble pas être le cas.
De nouveaux partenariats pourraient être tissés avec les autres collectivités :
- renforcer les dossiers avec Cap l’Orient : la gestion de l’eau, le port, le haras, l’office de tourisme, le tennis de table…
- engager de nouveaux partenariat avec les autres communes du canton : les serres, la diffusion culturelle, la piscine, l’enseignement artistique…
- rendre le fonctionnement de l’Office HLM Hennebont Blavet Habitat plus transparent et l’insérer dans une politique d’agglomération.
Une nouvelle gestion est à trouver :
- instaurer un véritable plan pluriannuel d’investissement, incluant le patrimoine historique,
- gérer les emplois et les compétences pour le renforcement d’un service public de qualité et économe.
- renforcer de nouvelles solidarités, par l’économie sociale et solidaire, avec la mise en place de microcrédits en faveur de projets professionnels.